Légende

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La légende du mouchoir du diable nous apprend comment est né LABAROCHE

Illustrations réalisées par les élèves de l’école primaire Jean Heim de Labaroche (2014)

A l’origine, Labaroche était habité par des hommes méchants ; ils ne croyaient pas en Dieu, trop occupés par l’orgueil et l’opulence. Dieu, lassé par leurs crimes, décida de les livrer au prince des abîmes, Satan. Il lui dit :

“Va, charge-les de fers. Va, prends-les, jette-les au fin fond des enfers !”

Le diable le remercia :

“Ah ! Ah ! La bonne aubaine ! Cette fois je les tiens, ils n’échapperont pas aux éternels tourments de l’éternel trépas”

Pour Satan, une âme est la plus exquise proie. D’un coup de filet, il rafla dix-neuf cents maisons au céleste jour. Il s’arrêta un court moment afin de déployer un immense mouchoir, puis il cueillit l’église, les maisons et les mit dans son mouchoir sans fin.

Très vite, il replia son mouchoir et se mit à voler tout en ricanant. Il traversa la France afin de se rendre à son royaume.
Mais près du Veurvônnais(1), un bruit sec et net l’arrêta ; regardant derrière lui, il vit son mouchoir déchiré : une maison, puis deux, puis quatre, puis de plus en plus sortaient de son mouchoir ; mais qui était à l’origine du désastre ?

“Fuyons ! “ cria Satan, “Elles vont toutes choir !”

Il vit alors le responsable de sa mésaventure : Saint Michel, son pire ennemi, qui d’un seul coup de lance, avait percé le mouchoir.

 

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Harcelé et pressé, le démon s’enfuit : il vole sur la Place, puis s’envole au Léman, passe par les Evaux, revient à Giragoutte, plane sur Phimaroche et se cache à la Goutte. Le voici sur le Cras, aux Vieux-Champs, au Gazon, alors que, du mouchoir, s’échappe chaque fois une maison. Il remonte à la Trinque et gagne la Rochette, lesMulles, les Chalprés, le Château, la Bassette ; il file à la Rochure et s’arrête aux Etangs, et toujours, le mouchoir perd de ses habitants.
Il grimpe à Fiacôte et saute à la Chapelle. Mais là, comme partout, ses heureux prisonniers volent comme pigeons fuyant leur pigeonnier.
Il cours à Romaingoutte, à Henzelle, au Chêne, aux Cottis, aux Coreaux, traînant sa lourde chaîne.
Il se terre à l’Enclos, à Faîte, Monreyfontaine, au Gros Gazon. Chaque fois, son vainqueur le met à la raison.
Il rampe vers le Faugrède, au Bâa, aux Fontenelles, rase Moreyfotaine, roule vers le Limbach et survole le Breu, soufflant, suant, jurant en turc et en hébreu, car Saint Michel ne cesse de relancer son glaive, faisant des milliers de trous dans le mouchoir.
Satan se précipite enfin vers la Basse-Baroche et, à ce moment, l’église et son clocher sortent du fin fond du mouchoir et vont se placer sur le coteau où le temple de Dieu dresse sa tour antique.

Le diable a tout perdu et, confus et déplorant son malheur, s’engouffre dans l’enfer où d’eternelles flammes lui font payer son larcin à jamais.

Quant au fameux mouchoir, il vient s’écraser sur la Roche du Corbeau, dans ses flancs.

C’est ainsi que les habitants de Labaroche ont juré mort à Satan, le maudit. Devenus catholiques fervents fidèles à leurs serments, ils ont donné le jour à des chrétiens modèles.
C’est pourquoi les habitants de Labaroche chérissent le travail et la simplicité, et c’est également pourquoi, seulement à Labaroche, s’étendent des monts et des vaux, depuis les beaux Jets jusqu’aux brillants Evaux.

Dès lors, avec son glaive puissant et éclatant, Saint Michel est le gardien de Labaroche.

Tous les noms cités en gras désignent les différents quartiers de Labaroche, souvent très distants les uns des autres.

(1) Nom patois du Hohnack. Il signifie : montagne du Dieu Gaulois Vorvo ou Borbo (dieu des sources) De là, les noms français de Bourbon et Bourbonne

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Avr 17, 2014 | Posted by | Commentaires fermés sur Légende